Culture-sex Blogs

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[ badoumba ]

20 juillet 2007

Prostitution is illegal

Prostitution

La Norvège s'apprête à rendre illégal l'achat de services sexuels, un projet qui suscite la controverse parmi les défenseurs des prostituées estimant qu'une telle loi risque de fragiliser les intéressées.

Les hommes, qui achètent du sexe, encouront soit jusqu'à 6 mois de prison soit une amende ou bien les deux, selon une proposition de loi actuellement en cours de consultation auprès des associations et lobbies concernés.

La loi interdira le recours aux services des prostituées sans toutefois bannir la prostitution.
Le projet de loi, qui doit être soumis au parlement avant l'été 2008, est d'ores et déjà assuré d'être adopté, les trois partis de la coalition gouvernementale ayant donné leur accord de principe.

« Nous voulons envoyer un message clair aux hommes qui achètent du sexe, à savoir que ceci est inacceptable. Les hommes, qui y ont recours, participent au trafic international de la prostitution d'êtres humains », a déclaré à l'AFP le ministre norvégien de la Justice Knut Storberget.

« Criminaliser l'achat du sexe rendra plus difficile pour les trafiquants de l'organiser eux-mêmes », a-t-il ajouté, car ils ne seront pas en mesure de trouver des clients dans la rue, ces derniers redoutant d'être pris en flagrant délit.

Les groupes de soutien des prostituées estiment au contraire que cette mesure n'aura aucune efficacité.

« La loi mettra un terme à la prostitution de rue mais elle n'empêchera pas les prostituées d'exercer à l'intérieur ou d'aller à l'étranger », explique Liv Jessen, directeur du centre Pro, un groupe de soutien basé à Oslo.

Environ 40% de la prostitution en Norvège s'exercent dans la rue, le reste dans des espaces clos tels que des hôtels ou des salons de massage.

Parmi les prostituées de rue, environ 80% viennent d'étranger, de Roumanie, de Bulgarie ou du Nigeria par le biais de trafic. Les autres sont des Norvégiennes, pour la plupart des droguées à l'héroïne.

Ces dernières années, la prostitution dans le centre de la capitale Oslo est devenue plus visible, d'où des appels pour l'interdire.
Mais les opposants à toute législation arguent que cette dernière risque de rendre les prostituées plus vulnérables.

Janni Wintherbauer, dirigeante de l'organisation pour les intérêts des prostituées et elle-même prostituée
« Les filles dépendront complètement des maquereaux pour trouver des clients, les maquereaux organiseront tout : l'appartement où elles vivent, le choix des clients, et combien d'argent elles gagneront. Dans la rue, les filles peuvent choisir avec qui elles veulent aller. Si elles n'aiment pas la tête du client, elles peuvent le refuser. Dans un appartement, elles ne pourront pas le faire. Le client aura déjà payé le maquereau alors que dans la rue, c'est la prostituée qui empoche l'argent la première. »

Elle redoute en outre qu'il y ait davantage d'agressions et de viols.
« Le client pourra se dire + j'ai déjà enfreint la loi, je n'ai rien à perdre +. Et dans un appartement, une fille sera seule, personne ne pourra l'aider », souligne-t-elle.

Le projet de loi en Norvège est calqué sur la loi adoptée en 1999 par son pays voisin la Suède où les clients des prostituées encourent six mois de prison, une amende dont le montant est proportionnel aux revenus.

Personne jusqu'à présent n'a été condamné à de la prison mais un client a été condamné à payer 50.000 couronnes suédoises (5.455 euros), selon la police.

« La loi a été très bonne. C'est plus difficile pour les clients d'acheter du sexe et pour les trafiquants de travailler en Suède.» assure Karin Svedlund, inspecteur de la police nationale criminelle.

Dans ce pays, les groupes de soutien des prostituées estiment d'ailleurs que la législation a eu un effet positif.

Article de Gwladys FOUCHE dans Courrier International

Orianne D.

28 mai 2007

Gay Pride à Moscou

Gay_pride_moscou

Pour la 2ème tentative de Gay Pride à Moscou, les militants homosexuels russes et étrangers n'avaient déjà plus pour ambition que de traverser la rue Tverskaïa, soit un parcours d'une vingtaine de mètres, pour aller remettre une lettre à la mairie de Moscou.

Mais c'était encore trop pour les autorités russes, qui avaient interdit la manifestation, et pour de petits groupes de casseurs qui rôdaient autour de la mairie « pour dérouiller les pédérastes. ».

Comme l'an dernier, l'organisateur de cette parade, le jeune militant gay Nikolaï Alexeïev, a été arrêté par la police au tout début de la manifestation, ce qui lui a permis d'éviter les coups. Pendant une heure, la police russe a ensuite laissé les casseurs attaquer un à un les militants dès qu'ils osaient dérouler une pancarte ou un drapeau arc-en-ciel.

Un député transsexuel italien a pris un oeuf en pleine face. Le militant britannique Peter Tatchell a reçu un coup de poing dans l'oeil. Le député Vert allemand Volker Beck, qui avait terminé la première Gay Pride russe le visage en sang, a cette fois été très vite arrêté par la police, qui s'est chargée de le molester.

Remue-ménage. Les deux chanteuses du groupe russe Tatu, qui ont bâti leur célébrité en se prétendant lesbiennes, ont aussi fait cette année une courte apparition au centre de la mêlée. Un énorme van noir a déposé les deux jeunes filles, avec leurs gardes du corps, devant la mairie. Aussitôt prises par la cohue de journalistes et de casseurs, les deux mignonnes se sont dégagées pour regagner leur van.

Pour parfaire l'absurde de ce théâtre de rue, un célèbre député du parti d'extrême droite russe LDPR, Alexeï Mitrofanov, avait rejoint cette année les organisateurs pour défendre « la civilisation européenne ». Le ralliement de ce clown politique, qui sert fidèlement les intérêts du Kremlin, fait d'ailleurs soupçonner que le régime de Poutine, tout en interdisant ces manifestations, est bien résolu à tirer parti de cette agitation.

Lors de la dernière « marche des mécontents » organisée par l'opposition radicale à Poutine en avril à Moscou, le régime a déjà montré comment il compte récupérer la cause gay. Un groupe de folles outrageusement maquillées avait été amené et filmé parmi les manifestants, pour pouvoir ensuite insinuer que les opposants à Poutine sont des « invertis et des pervers, inspirés par la débauche occidentale. »

Article de Lorraine MILLOT dans Libération

Orianne D.

18 avril 2007

Voyage au bout du sexe

Trafic_sexuel

Trafics et tourismes sexuels sont en forte augmentation, le trafic sexuel à l’échelle de la mondialisation se caractérise aujourd’hui par une forte féminisation des migrations.

Avec l’ouverture économique des marchés internationaux de la prostitution, les flux de femmes et d’enfants livrés à la traite et les dérives de la prostitution s’amplifient en toute impunité, étant donné que plus on réglemente la prostitution, plus on encourage l’exploitation sexuelle. Entre autres, l’expansion mondiale du tourisme sexuel renvoie à deux processus :

Premièrement, la démocratisation des flux migratoires et voyageurs, touristes et personnes prostituées circulent désormais dans tous les sens.

Deuxièmement, l’hypersexualité des jeunes entretenue par des médias obsédés par la violence sexuelle, mais également par les nouvelles réglementations des industries du sexe qui banalisent l’exploitation des femmes et des enfants.

La prostitution dite « libre » relève du libéralisme et non de la liberté. Une fois que cette idée aura fait son chemin, il sera peut-être envisageable de changer les mentalités qui emprisonnent nos contemporains dans une société de consommation privée d’humanité.

Le tourisme sexuel se nourrit de la misère et la beauté du monde,

2 misères et 2 beautés démontrent la coupure économique qui régit l’ordre inégal de la planète. Misère affective au Nord, misère économique au Sud et à l’Est. Beauté de la consommation et des biens matériels au Nord, beauté des personnes, mais aussi de la spiritualité, du mode de vie et des « traditions » au Sud et à l’Est. […]

... mais aussi de la rencontre de 2 chocs, l’un économique et l’autre culturel, le premier s’avérant au final plus redoutable que le second.

10 causes principales sont actuellement à l’origine, selon nous, de l’essor sans précédent de la prostitution à des fins touristiques dans le monde :

  1. La pauvreté endémique, encore aggravée par une paupérisation croissante,
  2. La mondialisation économique et libérale, favorisant la libéralisation des marchés sexuels et encourageant plus ou moins directement la traite aux fins de prostitution,
  3. La persistance et parfois la résurgence des sociétés patriarcales et sexistes, sans nier la résurgence des traditions sur fond de nationalisme ou de communautarisme,
  4. La dégradation de l’image de la femme, par les hommes mais aussi par les femmes elles-mêmes, sur fond de violence sexuelle à la fois généralisée et banalisée,
  5. L’explosion du tourisme international, mais aussi des flux de migrants en tout genre,
  6. La féminisation des migrations et l’augmentation de l’immigration clandestine,
  7. L’hypersexualité des jeunes et des populations du Nord en général,
  8. L’engouement sans limites pour les paillettes d’une société de consommation fondée sur le culte de l’argent,
  9. Le clivage Nord-Sud qui, s’il devient complexe et divers, ne cesse pas moins de se creuser et donc de précariser davantage les populations déjà démunies,
  10. L’essor du secteur des industries du sexe, qui connaît une importante hausse et diversification et qui tend à fortement se banaliser dans toutes les couches sociales.

Voyage au bour du sexe par Franck Michel, anthropologue, paru aux Presses de l’Université Laval.

Source Sisyphe.org

16 avril 2007

Grossesse et dépression

Grossesse

Le mythe de la grossesse joyeuse.

Les mères qui souffrent de dépression durant leur grossesse restent souvent seule face à cette douleur. Pourtant la moitié de celles qui souffriront d’une dépression post-partum éprouvent déjà des symptômes quand elles sont enceintes.

Pendant des décennies, les médecins ont cru que les femmes ne pouvaient pas souffrir de dépression durant leur grossesse, qu’elles étaient à l’abri de tels symptômes grâce aux hormones. Ce mythe était appuyé par une croyance populaire voulant que toute femme soit heureuse de donner la vie.

« Le mythe de la grossesse joyeuse prétend que les femmes sont protégées de la dépression durant leur grossesse », explique Veronica O’Keane, psychiatre à l’Institut de psychiatrie du King’s College, à Londres. « C’est faux. Si on regarde les faits de manière scientifique, plusieurs femmes enceintes souffrent de dépression. Mais c’est un sujet encore tabou. »

Ce mythe persiste parce que la plupart des femmes ne consultent pas leur médecin pour des problèmes dépressifs avant de mettre au monde leur enfant. Après l’accouchement, le stress de s’occuper d’un nouveau-né allié aux symptômes dépressifs devient accablant. La dépression post-partum affecte 1 femme sur 6 tandis que la a dépression durant la grossesse touche 1 femme sur 10.

Les changements hormonaux qui surviennent durant la grossesse rendent les femmes plus vulnérables à la dépression clinique. Ces changements peuvent aussi affecter la santé du bébé. Durant la grossesse, le taux d’hormones de stress, le cortisol et la corticotropine augmentent régulièrement. Des taux élevés de ces hormones sont nécessaires pour le développement normal du foetus mais elles peuvent malheureusement entraîner des symptômes dépressifs chez la mère.

Des études scientifiques ont démontré que la dépression de la femme enceinte pouvait provoquer des naissances prématurées et entraîner des réponses anormales au stress chez l’enfant à naître. « C’est une façon de transmettre la dépression d’une génération à l’autre autrement que par l’héritage génétique », explique Dr O’Keane.

Pour le Dr. O’Keane les médecins devraient être plus attentifs aux symptômes dépressifs des femmes durant leur grossesse, et celles qui prennent des médicaments antidépresseurs ne devraient pas automatiquement les arrêter lorsqu’elles désirent concevoir un enfant.

« Elles devraient consulter un spécialiste pour les aider à choisir le meilleur traitement. Plusieurs milliers de naissances prématurées pourraient être évitées si les femmes enceintes souffrant de dépression clinique recevaient des traitements adéquats »

Cette opinion ne fait pas l’unanimité parmi les psychiatres. Certains estiment que les antidépresseurs sont risqués pour la santé du bébé particulièrement au cours des 12 premières semaines de grossesse.

Article de l’Agence Science Presse

Orianne D.

28 mars 2007

Sexe au Lycée

Sexe_au_lycee

On se dit comme ça que c'est une évidence, de ne pas traiter les filles de salopes, de ne pas proposer à ses copains de partager sa copine, de ne pas raconter à tout le lycée qui est un bon ou un mauvais coup.

Que cela va de soi qu'on n'est pas obligé de coucher ou de regarder des films porno si on n'en a pas envie, de dire qu'on n'est plus vierge ou qu'on l'est encore, de ressembler à Rocco Siffredi et d'aligner des performances.

Pas si évident que ça, à en juger par la sortie du livret le Respect c'est mutuel-le, proposé aux lycées depuis le 8 mars par le collectif Démocratie et courage.

Ce petit guide d'une centaine de pages entend lutter contre les préjugés sexistes et homophobes, dénoncer la banalisation des violences verbales et physiques, rappeler les notions d'égard et de considération, d'égalité et de mixité, faire prendre conscience du poids de certaines insultes. Toutes ces belles choses avaient déjà été présentées dans l'édition de 2003, distribuée à 50 000 exemplaires sur 3 ans. Là « les commandes affluent des missions locales, infirmières scolaires, profs, lycées : un tiers des exemplaires sur les 50 000 édités sont déjà partis, alors que ce stock était prévu pour trois ans » , se félicite Christophe Berardi, délégué national de la Fédération nationale Léo-Lagrange.

Changement de méthode, un garçon, une fille, une classe passent toute une journée ensemble, autour de la discrimination liée aux genres, homophobie en tête. Depuis le 8 mars, une trentaine de classes de Picardie, des Pays de la Loire, d'Ile-de-France, de Languedoc-Roussillon, de Midi-Pyrénées et de Lorraine en ont bénéficié : « Nous, [le collectif], formons des volontaires d'une vingtaine d'années qui vont dans les classes de lycéens exposer ce que vous trouvez dans le guide. Le matin, on oriente plutôt autour du sexisme, l'après-midi sur l'orientation sexuelle, le tout mis en forme avec des activités concrètes, théâtre, mises en situation, débats, etc

Parlons sexe, clame le petit guide, qui décline la sexualité en 9 chapitres, de « Je désire ? tu désires », à « La loi protège, la loi punit », en passant par « ça se fait ou ça ne se fait pas », sans que jamais « les intervenants ne disent évidemment ce qui est bien ou mal en matière de sexualité. »

Du concret, en somme, que ce petit livret chassant le tabou et les préjugés, qui explique de façon ultra-précise ce que c'est qu'un clitoris, comment poser un préservatif, où trouver une cape cervicale, mais aussi ce que sont la pédophilie et l'inceste.

Article d’Emmanuèle PEYRET dans Libération

Orianne D.

06 mars 2007

Violence sexiste et sexuelle

Violence

Une enquête réalisée en Seine-Saint-Denis en 2006 révèle l'ampleur des agressions sexistes, violences physiques ou sexuelles, dont les jeunes filles sont victimes dans la rue et/ou en famille, dans ce département de la région parisienne.

Présentés 3 jours avant la Journée internationale de la femme le 8 mars, les résultats de cette étude quantitative, la première sur ce sujet en France, sont très inquiétants.

Pas moins de 23 % des jeunes filles de 18 à 21 ans rapportent avoir subi au moins une fois dans leur vie des violences physiques et 14 % des agressions sexuelles.

L'enquête a été réalisée entre avril et décembre 2006 auprès d'un échantillon de 1 600 jeunes filles vivant, travaillant ou étudiant en Seine-Saint-Denis. Les agressions physiques sont intervenues dans le couple 12%, dans la famille 11%, au travail 11%, dans l'espace public 11% et au lycée 10%. Plus de 2 tiers des auteurs de harcèlement ou agressions sexuelles sont des hommes adultes. Les auteurs de violences physiques sont dans 37% des cas, l'un des parents ou beaux-parents dans ou le petit ami 10%.

Commandée par l'Observatoire départemental des violences envers les femmes et le Conseil général, l'étude a été confiée à Maryse Jaspard, chercheuse à l'INED, et menée en 2000 auprès des femmes de 20 à 59 ans.

Pour elle, « ces chiffres montrent que les espaces publics et privés sont violents pour les jeunes filles, mais aussi que la parole s'est libérée et que le seuil de tolérance s'est abaissé.» Elle constate que 7 fois sur 10, une jeune fille victime d'une agression sexuelle en parle autour d'elle.

Une enquête similaire sera réalisée en 2007 auprès des garçons a annoncé, lundi 5 mars, le vice-président du Conseil général, Gilles Garnier, ajoutant qu'il allait renforcer les actions de prévention des comportements sexistes.

Les résultats complets de l'enquête sont attendus en novembre. Ils analyseront notamment les origines sociales des jeunes filles dont 8% sont de nationalité étrangère, 62 % de pères nés hors de la France métropolitaine. La présidente de l'Observatoire, Ernestine Ronai, réclame une enquête nationale, en précisant  « qu’il n'y a pas de raison de penser qu'il s'agisse d'une caractéristique spécifique de la Seine-Saint-Denis. »

Article du Monde

Orianne D.

22 février 2007

Anonymat et Internet

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L’Europe n’aime pas l’anonymat sur le net

La directive européenne sur la rétention des données est transposée dans le droit de plusieurs pays. Elle donne lieu à différentes interprétations, toutes condamnées par les équivalents locaux de la CNIL.

Et s’il devenait illégal de se créer un email anonyme ? C’est le sens d’une proposition de loi allemande, transposition de la directive européenne sur la rétention des données. Cette directive, adoptée le 15 mars 2006 par les Etats membres, oblige les fournisseurs d’accès et de contenu à conserver les données de connexions (logs) pendant 6 à 24 mois. Et ce « à des fins de recherche, de détection et de poursuite d’infractions graves telles qu’elles sont définies par chaque Etat membre dans son droit interne. »

Si la définition d’une « infraction grave » reste floue, les possibilités de transpositions de la directive dans le droit de chaque Etat le sont tout autant. Ainsi, la proposition de loi des Pays-Bas, où les opérateurs téléphoniques seraient forcés de conserver les données de localisation géographique de chaque conversation. La CPB, l’équivalent local de la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés), s’est prononcée contre le texte, estimant qu’il violait la convention européenne des Droits de l’Homme.

En Allemagne, la proposition de transposition de la directive, soutenue par le ministère de la Justice, est également controversée. Elle espère notamment associer obligatoirement chaque compte mail à l’identité d’une personne, vérifications à l’appui. Et supprimer du même coup l’anonymat sur le net. Etant donnée la nature du réseau, une telle mesure semble toutefois difficile à appliquer. Le Commissariat fédéral allemand à la protection des données a publiquement pris position contre la proposition de loi, estimant qu’elle allait « trop loin ».

En France, un décret, publié le 24 mars 2006, a d’ores et déjà les mêmes effets que la directive européenne : les fournisseurs ont l’obligation de conserver les données de connexion, d’identification et de localisation pendant un an. Et ce pour Internet comme pour les communications téléphoniques.

La CNIL juge toutefois « imprécis » le contenu du décret, trop vague sur le type de données à conserver. A l’inverse, les internautes, et notamment l’association IRIS, ont vivement critiqué ces nouvelles règles. « Ce décret représente l’aboutissement d’une stratégie de contrôle toujours plus large de la population, » explique l’IRIS. « La rétention des données de communication révèle l’intimité des personnes, cartographie leurs activités, et identifie les réseaux de relations tissés entre elles. »

Article de Sébastien Delahaye dans Ecran

Orianne D.

20 février 2007

Nos modes de vie dans 5 ans

Confiance

Qu’est-ce qui changera le plus dans nos modes de vie, d’ici à 5 ans ?
« La société de la réalisation de soi va l’emporter »
Voici la réponse et la vision de Robert Rochefort, directeur du Credoc, Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie.

Qu’est-ce qui changera le plus dans nos modes de vie, d’ici à cinq ans ?
La question écologique sera “rentrée” partout. Elle aura déclenché des contrats entre gouvernants, population, industriels, On râlera, mais on s’y soumettra.

Au-delà des interdits, est-ce qu’il y aura des valeurs positives ?
Oui, bien sûr. La société de la réalisation de soi va l’emporter. Et c’est très différent du cocooning, du repli sur soi des années 90 : pour réussir le “projet moi”, il faut avoir des relations avec les autres, faire des compromis, s’intéresser à son prochain, à ses voisins.

Cette ouverture d’esprit dépassera-t-elle les frontières de l’Hexagone ?
Oui, en 2012, les Français seront encore plus cosmopolites. La problématique ne sera pas seulement d’accueillir des étrangers, mais aussi d’envoyer des jeunes à l’étranger. Les mouvements de population se feront dans les deux sens.

Vous avez parlé de l’accueil des étrangers. Dans une société plus métissée, la montée des communautarismes est-elle inévitable ?
Non. Ce qui est sûr, c’est qu’il y aura une montée en puissance des communautés. Mais il peut y avoir une juxtaposition de communautés qui s’acceptent et échangent entre elles dans le creuset républicain. Ce sera une des composantes du phénomène associatif, très structurant pour le lien social. Le communautarisme, qui est le combat exclusif de chaque communauté contre les autres, peut être évité.


La fonction publique aura-t-elle maigri ?
Les départs en retraite sont tellement massifs dans la fonction publique, et les problèmes futurs de recrutement tellement patents, qu’il y a deux scénarios. Soit on arrive à réorganiser de fond en comble nos services publics, et c’est la sortie par le haut. Soit on sera obligés de laisser la fonction publique en jachère, et on aboutira à une désagrégation du tissu social.

Quelles seront les grandes tendances de la consommation ?
L’éthique et la morale auront fait une entrée beaucoup plus significative qu’aujourd’hui dans
le panier de la ménagère. Toutes les grandes marques auront leur produit équitable.


Et sur le plan des mœurs, dans quelle société vivrons-nous ?
Il y aura encore plus de personnes seules, même si l’aspiration à vivre à deux et à faire des enfants est très importante : on continuera à faire ses bébés tard. Quant au mariage gay et à l’adoption des enfants par des couples homosexuels, je pense que ce sera fait en 2012.

Article de Caroline Brun dans Métro

Orianne D.

19 février 2007

Automédication ?

Medicament3

Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, doit dire avant la fin du mois ce qu'il retient du rapport Coulomb, qui vise à développer l'automédication.

Les Français, eux, ont fait leur choix.
La consommation de médicaments hors prescription a bondi de 8,8 % en 2006, à plus de 1,8 milliard d'euros. Une bonne nouvelle pour les fabricants de produits « over the counter », c'est-à-dire disponibles sans ordonnance  au comptoir.

Explication
L'arrivée sur le marché de vraies innovations notamment dans les antigrippaux et les antalgiques. Selon l’Afipa, l'Association française de l'industrie pharmaceutique pour une automédication responsable,  en 2006 3 médicaments sur 4 sont achetés en automédication pour le traitement du rhume ou de la grippe, 1 sur 2 pour la diarrhée, 1 sur 3 pour la toux et 1 sur 4 pour des produits d'antalgie.

Le poids de l'automédication est passé de 12 % à 44 % dans les 309 médicaments déremboursés en mars dernier. Ce bond n'a pas empêché une baisse globale de 50 % des ventes des médicaments qui ne sont plus pris en charge par la Sécurité sociale.

Polémique sur la flambée des prix
Contrairement à ce que l’on croit, ce n’est pas parce qu’un produit est déremboursé que son prix flambe en officine. En 2006, le prix d'un mé­dicament est resté stable à 4,54 euros en moyenne contre 4,53 en 2005.

Les pharmaciens sont dans l'ensemble favorables à l'auto­médication. Un de leurs syndicats met toutefois en garde contre ce lien quasi systématique avec les déremboursements. Lien sur lequel l'industrie pharmaceutique elle-même n'est pas la dernière à insister, en soulignant les économies que l'automédication permet de réaliser à la Sécu.

« Il y a une attractivité de la salle d'attente du médecin car le remboursement dépend d'une ordonnance », raconte Gilles Bonnefond, secrétaire général de l'USPO. Le syndicat demande donc davantage de médicaments accessibles sans prescription mais remboursés. Il estime que cela peut en partie répondre au manque croissant de médecins dans les zones rurales contrairement aux pharmacies qui sont relativement bien réparties sur le territoire. « Nous pouvons jouer le rôle de premier recours et, s'il y a besoin, de consulter un médecin, nous serons les premiers à le conseiller », explique Gilles Bonnefond.

Article d'Olivier Auguste et Feryel Gadhoum dans le Figaro

Orianne D.

12 février 2007

Hillary copie colle Ségolène

Copier

La candidate socialiste n’a plus l’exclusivité de la démocratie participative. Hillary Clinton s’en réclame à son tour, et même les travaillistes britanniques s’y essaient avec prudence.

Ségolène Royal a placé sa campagne présidentielle sous le signe de la participation, multipliant les consultations, notamment via Internet. Une méthode qu’étudient de nombreux partis politiques, partout dans le monde.

Hillary Clinton a usé de cette méthode en annonçant la semaine dernière la formation de sa « commission exploratoire présidentielle » au moyen d’une vidéo diffusée par Internet. Dans ce webcast très élaboré, elle annonçait aux visiteurs de son site web www.hillaryclinton.com « Je ne fais pas qu’entrer en campagne, j’entame une conversation avec vous, avec l’Amérique. Car, si nous voulons contribuer à régler les problèmes, nous devons tous participer au débat. »

Avant de conclure, « Parlons. Bavardons. Engageons le dialogue sur vos idées et sur les miennes. La conversation à Washington a été un peu à sens unique ces derniers temps, vous ne trouvez pas ? Et nous en voyons tous le résultat. Je ne vais peut-être pas pouvoir m’entretenir avec chacun d’entre vous dans cette pièce, mais je vais essayer. Et, grâce à la technologie, je vais organiser dès maintenant des vidéos chats. Alors, que la conversation commence. Quelque chose me dit que ça va être passionnant. »

En Grande-Bretagne, les partis s’y mettent aussi, avec prudence. La méthode choisie par le Parti travailliste à un côté confidentiel. Sur son site, il annonce qu’il élabore son programme par un processus dit de « partenariat de gouvernement » qui fait intervenir « tous les acteurs du parti (c’est-à-dire les encartés, les sections locales, les syndicats, les associations sympathisantes, les élus travaillistes), ainsi que le reste de la société ». Autant dire que le reste de la société demeure en périphérie du cercle des militants. Face à la cordialité de Mme Clinton, le New Labour paraît vieux jeu.

Une manière d’endiguer la méfiance des électeurs
Un récent sondage sur la réforme des élections en Californie, mené par le New America Institute fait apparaître que « 70% des électeurs adhéreraient plus volontiers aux recommandations d’un panel de citoyens qu’aux idées émises par une commission officielle, ou même par un groupe d’experts indépendants ».
En Grande-Bretagne, une étude évalue à 70% le nombre de gens qui font plus confiance à un jury populaire qu’à des responsables politiques pour décider de ce qui est juste.

Reste à savoir dans quelle mesure les politiques utiliseront les techniques participatives avec sincérité et quelles valeurs auront les propositions du commun face à la ligne du parti ?

Article de Andreas Whittam Smith The Independent, Courrier International

Orianne D.

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